Blason
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Historique
Le site d’Anizy se trouve au sud de Limanton. L’importance de ce lieu, dès les premiers siècles, est confirmée par les fouilles qui ont mis à jour les structures d’une villa romaine et le soubassement sur 0.50m de hauteur d’une église paléo-chrétienne. Anizy fut le siège d’une paroisse de 60 feux, soit environ 250 âmes, la première attestation dans les archives de la Nièvre mentionne “la Parrochia de Anizio” vers 1140 et un fief: baronnie avec une justice à neuf piliers de la châtellenie de Moulins-Engilbert. Elle a donné son nom à une famille éteinte au milieu du XIVème siècle; puis ensuite passa aux Champdiou qui la transmirent par alliance à la famille de Frasnay vers 1380. Les Frasnay apportèrent de nombreuses améliorations, constructions des tours en particulier, comme en attestent les actes notariés de 1571 et 1620. L’un des Frasnay eut une certaine gloire littéraire, il se faisait appeler, “le nouveau Théophile”. Le 12 avril 1673 la terre d’Anizy fut acquise par décret au bailliage de Saint-Pierre-le Moutier par “puissant seigneur messire Louis du Bois de Fiennes, Marquis de Vandenesse, lieutenant général aux armées du Roi”. La paroisse Saint-Martin d’Anizy fut supprimée en 1793 et rattachée à la commune de Limanton ; elle comptait encore 244 habitants. Anizy fut vendue comme bien national, rachetée par l’intendant des du Bois de Fiennes pour les anciens propriétaires qui en reprirent possession. Elle fut transformée en bâtiments d’exploitation agricole et complètement dénaturée: le château devint demeure des fermiers, l’église transformée en écuries et granges. Elle resta dans cette famille jusqu’en 1977 et fut acquise à cette date par Mr et Mme Alain Cassegrain. C’est leur fille Véronique qui a repris la propriété en 2003. Anizy fut classé monument historique en 1980.

L’Eglise Saint Martin
L’église Saint-Martin d’Anizy avait été transformée en étable en 1793 après sa vente comme bien national. La restauration a été entreprise en 1988 et s’est terminée en 1995. La voûte du chœur a été entièrement refaite comme le mur de gauche, côté château. Quelques fresques subsistent qui sont à restaurer. Le portail a pu être remonté grâce aux pierres trouvées lors du démolissement des murs des écuries. Le chapiteau droit a été, lui, retrouvé dans le haut du pignon principal comme la croix qui est reposée dans le haut du pignon. Le plafond de la nef est en châtaignier conformément aux vestiges retrouvés sur les poutres. Le sol et l’éclairage ont été entièrement refaits.

Les douves et le pont
Grâce à un plan du XVIIème siècle, tous les soubassements des murs d’enceinte ont pu être retrouvés ; les plans ont aussi permis de restaurer les douves et le pont. La cour fut surélevée d’environ 1.50m à la Renaissance au moment de la construction des tours ; elle n’a pratiquement pas été transformée depuis cette époque.

La tour d’escalier et la charpente
La tour d’escalier qui dessert le premier étage et les combles a été construite à la Renaissance, en 1571, en même temps que la tour ronde de gauche. C’est à cette époque que les larges murs d’enceinte ont été abattus. L’escalier en chêne est classé avec la tour. La charpente est du type « maritime » bien connu dans cette région. Les charpentiers de marine sans travail dans les chantiers navals sont venus faire des charpentes en chêne à la façon des coques de navire, ce qui explique l’impression de bâteau retourné.